Croyances Actuelles Sur La Dot Et Ostracisme Des Femmes Non Dotées, Bien Que Légalement Mariées Chez Les Ewondo: Analyse Du Rôle D’une Dimension Socio-Représentationnelle Dans L’exclusion Du Groupe Social
Abstract
La dot fait partie de ces pratiques qui résistent farouchement à l’effet de la modernisation. Au vu des diverses contingences qu’elle entraîne, particulièrement sur le plan des interactions au sein des familles, il n’est pas superfétatoire de l’appréhender en tant qu’un véritable phénomène social, à fortiori en contexte africain. Fort du constat de la place prépondérante accordée aux biens matériels issus de la dot, au détriment du bien-être des individus, nous avons entrepris de vérifier le lien entre les croyances actuelles vis-à-vis de la dot et cet ostracisme des femmes non dotées, bien que légalement mariées chez les Ewondo. La mise à profit de l’Ostracism Experience Scale (OES), combiné à des entretiens semi-directifs a permis de confirmer notre hypothèse. Il s’avère que les femmes mariées sans dot sont exclues des événements sociaux, notamment des rituels communautaires, elles se retrouvent par conséquent isolées. De même que leurs familles font face à un dénigrement constant, qui les pousse par conséquent à maintenir leur enfant le plus loin possible des activités de la communauté. Dans le fond, le principe authentique de la valeur symbolique de la dot a cédé la place à une acception capitaliste, qui la considère comme étant une véritable source d’approvisionnement matériel.